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Dong Kurn Lee

L’optimisme et le dynamisme de D.K. Lee met les Rotariens au défi de rêver.

Président du Rotary International 2008-2009

Durant la dynastie Joseon, l’érudit coréen Eon-Juk Lee a participé à la diffusion du Confucianisme et de ses idéaux de loyauté, de piété filiale, de bienveillance et de confiance.
Sa contribution au néo-confucianisme coréen lui a valu d’être reconnu comme l’un des cinq grands sages de l’Orient et ses travaux ont été honorés par une école confucéenne qui existe toujours.

Cinq siècles plus tard, ces valeurs confucéennes ont aidé son descendant, Dong Kurn Lee, à fonder un foyer, créer une entreprise et devenir le premier président coréen du Rotary International. Le thème de Dong Kurn ou D.K. Lee, Nourrir leurs rêves, a déjà soulevé l’enthousiasme, et ses priorités que sont la diminution de la mortalité infantile et le développement des effectifs suscitent de fortes attentes. Connu pour une approche collective de la prise de décision et pour son vaste réseau social et professionnel, il a l’intention de motiver les Rotariens à se dépasser. Pour réussir, il compte sur la sagesse de ses mentors, les leçons inculquées par son père, le soutien sans faille de son épouse et les fières traditions coréennes.

Les Coréens sont des gens tenaces, explique M. Lee. Les ravages de la Guerre de Corée ont fait naître chez les Coréens une soif de réussir. Attachés à un projet, ils travaillent avec passion et détermination.

La sagesse d’un père

D.K. Lee passe sa tendre enfance et de nombreux étés à Yangdong, petit village traditionnel à trois heures de voiture de Séoul, où son célèbre ancêtre confucéen effectua ses travaux au XV e siècle. Les maisons au toit de chaume ou de tuile s’éparpillent le long d’un chemin à flanc de coteau.

La vie dans ce hameau a forgé D.K. Lee. La devise, gravée au fronton de l’école primaire du village, une bâtisse d’une centaine d’années, demande aux élèves d’être des atouts pour la société en faisant preuve de créativité et d’intégrité.

«En principe, les gens de la campagne sont consciencieux et n’abandonnent jamais, voilà tout», affirme M. Lee, assis à la table de cuisine de sa petite maison de Yangdong. D.K. Lee et son épouse, Young Ja Chung, ont récemment fait de gros travaux chez eux pour ajouter le confort moderne tout en respectant les plans d’origine et en conservant les poutres.

Ses grands-parents vivaient ici selon la tradition coréenne. De nos jours, la maison reste souvent vide car son épouse et lui passent leur temps à Séoul, au siège du Rotary à Evanston ou en déplacement. Toutefois, cette propriété entourée de pins et de magnolias et où trône un genévrier de 600 ans dans lequel D.K. Lee, enfant, avait l’habitude de grimper, sera l’endroit où le couple prendra sans doute sa retraite.

À Yangdong, le père de D.K. Lee, Won Gap Lee, un ancien gouverneur de Busan, a enseigné à son fils la discipline, l’humilité et la générosité. Il lui a également appris à ne pas prendre les compliments pour argent comptant, à ne jamais se vanter d’être riche et surtout à honorer famille, proches et invités. Lors des repas, le meilleur était gardé pour les invités. Les réceptions organisées par ses parents étaient réputées pour la qualité des mets servis. Enfant, M. Lee se souvient avoir chuchoté un jour à un convive de ne pas tout manger de peur qu’il ne reste plus rien pour lui. Bien qu’il ait détesté les règles trop strictes qu’on lui a imposées dans sa jeunesse, il perpétue l’hospitalité confucéenne. C’est pourquoi il insiste pour que ses collègues partagent son déjeuner (donnant volontiers la moitié de son sandwich) et pourquoi sa femme et lui n’hésitent pas à relever les manches pour servir un repas à leur gouverneur élu dans un restaurant coréen à l’issue d’une séance du SFGE.

Ses collaborateurs sont impressionnés par son éducation traditionnelle confucéenne. «On lui a enseigné que si quelque chose en vaut la peine, il faut le faire correctement», affirme son ami Bon Moo Koo, PDG du LG Group.

D.K. Lee quitte Yangdong pour Séoul afin d’aller au lycée puis à l’université de Yonsei où il se plonge dans ses études ou des activités telles que le journal du lycée. Un ami de lycée, Yi-taek Shim, déclare que D.K. Lee était un élève intelligent et sociable. « Outre étudier, il passait toujours beaucoup de temps à travailler pour le bien commun », continue M. Shim, ancien directeur général de Korean Air.

Son père était propriétaire d’une entreprise de textile mais D.K. Lee ne devait jamais se comporter en enfant gâté. Après l’université et le service militaire, il part pour San Francisco pour étudier le management. Son père ne lui ayant pas donné beaucoup d’argent, D.K. Lee n’a pas hésité à passer ses étés à faire la plonge dans les restaurants. « Il voulait absolument que je vive ce type d’expériences », dit-il.

D.K. Lee a admiré le travail de son père et de ses amis au Rotary qui inspiraient tellement le respect dans la collectivité. En 1971, il est devenu membre du Rotary club de Seoul Hangang et comme son père, gouverneur en 1995/1996. Au fil des ans, il a occupé de nombreux postes au Rotary, y compris ceux d’administrateurs du R.I. et de la Fondation Rotary.

Un équilibre délicat à trouver.

Le travail de D.K. Lee au Rotary impressionne autant ses amis que ses collaborateurs de travail car il a su en parallèle développer l’entreprise de son père. Il est président de Bubang Co. Ltd. et de Bubang Techron Co. Ltd., des sociétés qui fabriquent de l’électronique et des appareils ménagers. Il est parti d’une modeste entreprise textile pour la transformer en une société qui opère dans l’ensemble de la République de Corée et en Chine.

Il a bâti sur ce qu’il a hérité de son père et il n’a rien dilapidé, dit son ami Woo Sik Kim. Ce n’est pas facile de tout réussir : sa vie rotarienne, professionnelle et familiale, mais il y est parvenu.

Au siège de Bubang, dans un quartier animé au sud de Séoul près de la rivière Han, D.K. Lee n’hésite pas à monter les six étages à pied au lieu de prendre l’ascenseur pour aller à son bureau. Là, les souvenirs rotariens tels que des photos d’assemblées internationales ou de conventions, des prix et des fanions du Rotary abondent. Un annuaire du Rotary tient une place proéminente sur son bureau.

L’aîné de ses fils, Dae Hee, travaille au premier étage. Il est le directeur général d’une filiale de Bubang, Lihom, une fabrique de cuiseurs de riz et autres appareils électroménagers. Il hérite de l’affaire familiale comme D.K. Lee en avait héritée de son père.

D.K. Lee et son épouse Young ont trois autres enfants – deux filles, Hee Won et Hee Jung, et le fils cadet Joong Hee qui vivent à Séoul, Singapour et New York. Trois de leurs quatre enfants sont mariés et ont des enfants. Le plus jeune de leurs petits-enfants, Tae Kyung (T.K.), est né en octobre dernier le même jour que D.K. Lee. M. et Mme Lee ont passé toute la nuit à chercher un nom pour l’enfant, une tradition coréenne d’autant plus importante que T.K est l’aîné du fils aîné.

Les enfants sont fiers de leur père et de sa réussite au Rotary. «Il trouve toute son énergie dans sa passion pour le Rotary, affirme Dae Hee. Ma mère lui apporte également un soutien considérable.»

Mme Lee reste dans l’ombre, mais joue un rôle non négligeable dans le travail de son mari. Elle estime que sa mission est de veiller à ce qu’il soit organisé, prêt et en bonne santé, ce qui peut inclure le repassage, la répétition des discours, mais aussi être pimpante pour un dîner après un long voyage en avion. Elle a tendance à se tenir en retrait quand elle se déplace aux côtés de son mari pour le compte du Rotary. Dans la vie de tous les jours, elle est par contre audacieuse et charmante, qu’elle négocie adroitement les embouteillages dans Séoul au volant de sa voiture, qu’elle évoque librement la vie à Evanston avec des Rotariens ou qu’elle s’intéresse à des enfants durant la visite d’une action du Rotary.

Ses visites d’actions aux côtés de son mari lui ont permis de mieux mesurer l’impact que les Rotariens ont dans leur collectivité. Elle a particulièrement été émue en Inde lors de la visite d’un dispensaire ambulant. «L’Inde est un grand pays avec beaucoup de gens dans le besoin, qui me rappelle mon pays au lendemain de la Guerre de Corée, dit-elle. Je pense que la situation s’améliore grâce aux efforts des Rotariens. »

Un réseau d’amis au delà du Rotary.

La vie de D.K. Lee repose essentiellement sur le Rotary, les affaires et la famille mais les amis comptent également beaucoup maintenant qu’il n’a plus le temps de jouer au golf.

La liste de ses amis constitue un Who’s Who coréen – le président et le premier ministre sud-coréens, le secrétaire général des Nations unies, des présidents d’université et des chefs de grandes entreprises. Ces dirigeants pensent que l’engagement de M. Lee au Rotary représente sa véritable vocation et ils sont fiers de le voir à la tête d’une organisation internationale.

Récemment, à l’issue d’un vol de 14 heures les ramenant de Chicago à Séoul, D.K. Lee et son épouse sont allés directement de l’aéroport à une soirée donnée par le Well-Being Club (club du bien-être), comme D.K. Lee et son ami Woo Sik l’appellent. Il s’agit juste d’un lieu de conversation.

Ce soir-là, au Grand Hilton Hotel, on retrouve aux côtés de D.K. Lee : Woo Sik, ancien adjoint du premier ministre, Seong-soo Han, l’actuel premier ministre, D.S. Hur, PDG et directeur général de GS Caltex, Wu-Yeong Bang, président de Chosun Ilbo , Jong-Yong Yun, directeur général de Samsung, et leurs épouses. Ils parlent à bâtons rompus des élections américaines : des candidats – Hillary, Obama, McCain, du vote hispanique et de l’influence possible du cancer de la peau qu’a subi McCain. Ils débattent afin de savoir quel sera le meilleur candidat pour la Corée du Sud.

Le premier ministre Han interrompt la conversation pour lancer : «D.K. Lee est l’un de nos meilleurs représentants. De nombreux Coréens sont impatients de le voir servir la cause du Rotary International.»

Pour répondre à ces fortes attentes, M. Lee dort peu, moins de 5 heures par nuit en général. Debout à 7 heures, il va de rendez-vous en rendez-vous à Evanston ou de réunion en réunion lorsqu’il est en déplacement. Le soir, il regarde CNN de son tapis de course et travaille souvent tard dans la nuit pour s’occuper de son entreprise. «Il est presque infatigable, affirme son aide de camp Mike Pinson. Il fait souvent trois ou quatre choses à la fois. Il est difficile de suivre son rythme. »

D.K. Lee fait de gros efforts pour nouer des liens avec les autres Rotariens et n’hésite pas à demander l’opinion de gens autour de lui. «Trop souvent les gens ne parlent qu’à leurs proches alors que D.K. pense qu’il faut que toutes les opinions soient représentées si l’on veut que le Rotary soit vraiment international», dit John Germ, administrateur de la Fondation.

Sa préférence pour un mode participatif de prise de décision et son sens de l’hospitalité font de D.K. Lee un homme apprécié de tous ceux qui le côtoient. «Ses gouverneurs élus l’adorent, dit Mike Pinson. Il leur a donné des objectifs difficiles mais rien qu’il n’ait pas déjà accompli lui-même. »

Ces objectifs ambitieux comprennent celui d’accroître les effectifs de 10 % pour atteindre 1,3 million de Rotariens. D.K. Lee est convaincu que, avec un plus grand nombre de Rotariens, on sera en mesure d’accomplir beaucoup plus. Il désire également visiter autant de clubs que possible. «Je me rends compte que les Rotariens de base aiment rencontrer leur président, dit-il. Un pays peut avoir une longue tradition rotarienne mais ne jamais recevoir la visite du président.»

M. Lee se concentrera sur la polio afin de répondre à la subvention défi de 100 millions de dollars de la Fondation Bill & Melinda Gates et de réduire le nombre de pays endémiques. Il retiendra les priorités du président Wilf Wilkinson que sont l’eau, la santé et la faim, et l’alphabétisation tout en y ajoutant sa touche personnelle, la réduction du taux de mortalité infantile. Cette idée lui est venue au cours d’un voyage en Afrique où il a vu des femmes souffrant d’une telle dénutrition qu’elles en devenaient incapables d’allaiter leurs enfants. Selon lui, une grande partie du travail que les Rotariens accomplissent déjà, comme approvisionner les populations en eau potable, fournir de meilleurs soins de santé et lutter contre la faim, va de pair avec la réduction de la mortalité infantile.

L’ancien président du Rotary Luis Vicente Giay déclare que la priorité donnée par D.K. Lee à la mortalité infantile a été très bien accueillie. «Lorsque vous mentionnez les enfants, les gens y sont très sensibles parce que les enfants représentent l’avenir, dit M. Giay. Les Rotariens, les organisations non gouvernementales et les gouvernements sont tous très motivés à réduire le taux de mortalité infantile. »

«Nous ne résoudrons pas ce problème en un an, reconnaît D.K. Lee. Mais un proverbe coréen dit que “ Commencer une tâche, c’est l’accomplir à moitié ” et je suis déterminé à commencer cette tâche. » Il promet également de continuer ses propres efforts pour réduire la mortalité infantile bien après la fin de son mandat.

D.K. Lee compte sur l’aide de nombreux amis mais l’homme en lequel il a le plus confiance est son mentor au Rotary, In Sang Song. Ils se sont liés d’amitié en 1994 lorsque M. Lee était gouverneur et M. Song administrateur du Rotary. «D.K. m’a impressionné car il était le gouverneur élu le plus enthousiaste que j’ai jamais rencontré avec une remarquable ouverture et une volonté d’apprendre», se souvient M. Song. Les deux hommes ont beaucoup en commun et collaborent étroitement.

MM. Lee et Song partagent la volonté de rembourser la dette qu’ils pensent que la République de Corée doit à la communauté internationale pour l’aide reçue durant la Guerre de Corée de 1950 à 1953. «La Corée était très pauvre et de nombreux gouvernements et organisations internationales ont participé à sa reconstruction, dit D. K. Lee. Maintenant, notre économie est en pleine prospérité et les Sud-Coréens pensent qu’ils doivent redonner une partie de ce qu’ils ont reçu. Cela explique pourquoi la croissance du Rotary dans notre pays est similaire à celle de notre croissance économique.»

Lorsque D. K. Lee est devenu Rotarien, son père lui a dit que, premièrement, il ne devait jamais manquer une réunion et que, deuxièmement, il n’était pas au Rotary pour en retirer une gloire personnelle. Won Gap Lee lui a également dit que la concurrence pour les postes de dirigeants était impitoyable et lui a conseillé de les laisser à d’autres au risque d’être amèrement déçu. Lorsque des dirigeants de club et de district l’ont encouragé à devenir gouverneur, D.K. Lee résista longtemps en se souvenant de ces paroles. Une fois devenu gouverneur, son père n’était plus là. «Il m’aurait encouragé à être le meilleur gouverneur au monde, car telle était ma destinée» affirme-t-il.

M. Lee a connu une année phénoménale à la tête du district 3650. Il a pris à cœur de relever le défi lancé par le président Herb Brown dans le cadre du développement de l’effectif et avec les encouragements de l’administrateur Sang a créé 32 clubs et recruté 1 800 Rotariens dans son district. Cette réussite lui a permis de remporter le Défi de Calgary en 1996 et, depuis, l’effectif est resté un de ses domaines de prédilection. Alors que M. Lee s’apprête à occuper un poste que son père n’aurait jamais imaginé pour lui, il songe à la réaction qu’aurait eue ce père strict mais bienveillant.

«Si mon père était encore vivant, il serait mon plus sage conseiller et je sais qu’il serait fier de moi», conclut-il.